Suicide et deuil

 

La façon que la personne va réagir à l’annonce du suicide d’un individu, va dépendre en partie du type de relation qu’elle entretenait avec celui-ci. De plus, si le suicide est survenu de façon inattendue et/ou violente, évidemment, les réactions seront plus intenses et variées que si l’acte de suicide était anticipé.

Dans un premier temps (cette étape correspond à celle du « choc et négation » dans les étapes du deuil) la personne sera probablement sous le choc. Elle va penser qu’elle rêve, que c’est impossible, que cela ne se peut pas, qu’il y a sûrement une erreur. Ou encore, certaines personnes peuvent réagir en étant dans un état de stupeur et de léthargie. Celle-ci peut ressentir une intense douleur qui s’exprimera par des larmes, des cris ou qui la laissera tremblante et sans voix.

Par la suite, il y aura la période des pourquoi? (correspond à l’étape de la « colère » dans le processus du deuil). La personne cherchera à comprendre les raisons qui ont poussées la personne à s’enlever la vie. Elle se remémorera les derniers moments passés en sa présence, elle cherchera à déceler des signes qui auraient pu l’alerter sur ses intentions, repérer les signaux de détresse.

Plusieurs ressentent de la culpabilité car ils n’ont pas été en mesure de détecter les signaux de détresse, pour ne pas avoir été plus disponible, bref, pour n’avoir rien fait pour aider la personne. Après le suicide, la personne ressent souvent beaucoup de tristesse, se sent parfois abandonnée, perdue et seule.

Ce qui diffère dans le cas d’un suicide, quoique les étapes soient très similaires, étant donné que le geste est volontaire, c’est le sentiment d’avoir peut-être pu éviter l’acte. Toutes ces pensées peuvent provoquer des sentiments de culpabilité, d’échec ou d’incompétence très difficile à tolérer. Ce qu’il faut se rappeler, c’est que personne n’est responsable du choix que l’individu a fait de s’enlever la vie. Pour Jean-Jacques Delfour, professeur de philosophie à Toulouse, le suicidant ne peut pas vouloir mourir, puisqu’il ignore ce qu’est la mort, dans le sens où il n’en a pas l’expérience. Le suicide, pour lui, est uniquement une manière de mettre fin à une souffrance. Pour lui, il n’y a donc pas à proprement parler de suicide, mais d’une agression du corps pour laquelle rien n’est venu interrompre le processus mortel. Le suicide n’est donc ni un acte de courage ni un acte de lâcheté.

Il arrive souvent que l’entourage de la personne qui s’est enlevée la vie, ressente de la colère à son égard. Il faut spécifier que les sentiments de colère, tristesse, peine, peuvent être vécus tous en même temps. L’entourage, donc, en veut à la personne de s’être enlevée la vie, pour l’acte lui-même, pour l’endroit, le moyen utilisé. Il peut même blâmer ses amis, son milieu de travail.

Au fil du temps, l’entourage pourra peut-être trouver des explications au geste posé ce qui fera diminuer le sentiment de culpabilité. Toutefois, il se peut qu’il n’y ait jamais de réponse satisfaisante car, seule la personne qui s’est enlevée la vie en connaît les vraies raisons, ce qui augmentera les sentiments de colère, de culpabilité et d’impuissance.

Comme dans le processus du deuil (voir article sur «Le deuil»), il y a toute une gamme de symptômes physiques qui s’en suivent. Certains pourront faire de l’insomnie, avoir de la difficulté à se concentrer, avoir des maux tels que des douleurs à la poitrine, etc.

Il est important de mentionner que toutes les réactions, sentiments décrits plus haut sont normales et s’atténueront peu à peu avec le temps. Cela fait partie du processus du deuil.

La mort d’une personne significative n’a pas seulement des répercussions psychologiques. Elle a aussi des répercussions sociales. L’état psychologique de la personne endeuillée affecte sa capacité de maintenir ou d’entrer en relation avec les autres. D’autre part, l’endeuillé peut avoir des attentes vis-à-vis son entourage. Par exemple, il peut avoir besoin de davantage d’attention, d’écoute, d’empathie, de solitude, de distraction.

Le suicide d’un proche peut être l’occasion de remettre de l’ordre dans sa vie, car, souvent, le geste nous met directement en contact avec nos propres blessures intérieures ce qui nous rend plus conscient des problèmes non résolus et de leur impact sur nous. Le processus de deuil est souvent facilité s’il devient une opportunité de faire le point sur sa vie, de reconsidérer ses valeurs et de réévaluer ses priorités personnelles.

Il est important de consulter afin d’être accompagné dans ce processus de deuil qui est souvent douloureux. D’autant plus que dans notre société où tout va trop vite, nos proches ne sont pas nécessairement disponibles pour le faire.

 

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Références

MONBOURQUETTE, Jean. Aimer, perdre et grandir. – L’art de transformer une perte en gain. St-Jean-sur-le-Richelieu. Les Éditions du Richelieu Ltée. 1983.

PINARD, Suzanne. De l’autre côté des larmes. Boucherville. Les Éditions de Mortagne. 1997.

MÉNARD, Andrée. Recueil de notes de cours : « Intervenir de façon sécuritaire en situation de crise ». 2005.

 

http://cps-le-faubourg.org/informations-et-conseils/le-deuil-a-la-suite-dun-suicide/

http://pastoralefamiliale.free.fr/ethsuicide.htm