Perdre un être cher

 

Perdre un être cher est une expérience des plus traumatisantes puisqu’en plus de perdre un être cher, elle conduit à de nombreuses autres difficultés comme la solitude, des problèmes financiers, pratiques et de santé. Même si la plupart de ceux-ci s’atténuent avec le temps, le problème qui demeure est la solitude (Lavoie, 1982). Il semblerait que 70% des veufs ayant en moyenne 10 ans de veuvage, reconnait la solitude comme un problème majeur (Lopata, 1969), et ce, tant chez les plus jeunes que les plus vieux (Désy, 1981). Par contre, ils sembleraient qu’elles ne se considèrent pas comme les personnes les plus seules au monde (Lavoie, 1983). Néanmoins, la solitude demeure un problème important considérant la population vieillissante.

Selon Lopata (1969), perdre un être cher aurait trois dimensions dans la solitude soit la nostalgie du passé, le besoin que quelqu’un prenne soin de nous et le besoin d’appartenance.

 

La nostalgie du passé 

 

Perdre un être cher amène à vivre de la nostalgie du passé de façon dominante dans les premiers moments où la personne endeuillée concentre davantage ses pensées sur la personne décédée (Lavoie, 1982). Cela peut même aller jusqu’à l’entendre, la voir, ressentir sa présence ou même sentir la personne la toucher (Rees, 1971). Souvent, elle voudra laisser intact l’environnement où elle a vécu. Selon Maddison et Walker (1967), la personne endeuillée manifestera le besoin de reparler du passé et de la personne décédée, toutefois, l’entourage ne lui permettrait pas toujours. Elle se verra alors comme inadaptée, inférieure ou même folle ce qui l’amènerait à avoir une mauvaise perception d’elle-même (Horowitz, French, & Anderson, 1982).

 

Le besoin que quelqu’un prenne soin de nous

 

Le besoin d’intimité et, surtout, le besoin que quelqu’un prenne soin de nous, provoquerait chez la personne endeuillée un fort sentiment de solitude. Celle-ci proviendrait de trois sources soit de l’incompréhension de l’entourage, du manque de support dans la vie quotidienne et d’une certaine marginalité.

 

Premièrement, il semblerait que l’entourage s’attende qu’après quelques semaines, la personne endeuillée reprenne le cours normal de sa vie et l’incompréhension de l’entourage amènerait chez elle le sentiment de ne plus être aimée. La majorité des endeuillés seraient insatisfaits de l’aide reçue et du manque de soutien de leur entourage afin d’exprimer leur peine et leur colère. De plus, les efforts des gens autour d’eux pour leur faire penser au futur serait souvent perçu négativement. En fait, la solitude serait ressentie à cause de cette impossibilité d’être eux-mêmes et de trouver du réconfort.

 

Deuxièmement, ce sentiment de solitude pourrait aussi provenir du manque de support dans la vie quotidienne surtout au niveau d’obtenir de l’information, de l’aide matérielle, des «feedbacks» et de socialiser (Caplan, 1974). Il se peut que la personne ait non seulement perdu son conjoint mais aussi un ami, un confident, un partenaire pour des activités, etc.

 

Finalement, la personne endeuillée se sentirait marginale particulièrement chez les moins de soixante-dix ans,  du fait qu’elle soit seule alors que ses amis sont en couple. Toutefois, cela s’avère différent si la personne est plus âgée puisqu’il y a de forte chance que son entourage ait aussi vécu la perte de l’être aimé. Néanmoins, ce sentiment de solitude est particulièrement difficile à surmonter surtout dans la première année de veuvage à cause de l’apathie et du comportement dépressif dans cette période.

 

Le besoin d’appartenance

 

Perdre un être cher bouleverse le réseau social qui répond au besoin d’appartenance à ces personnes. Par exemple, il peut arriver que la personne endeuillée n’ait plus de contact avec la belle-famille ou certains amis après le décès. Toutefois, la relation avec la famille est souvent maintenue voire même renforcée (Rosenman et al., 1981), celle-ci étant la première source de réconfort et de soutien immédiatement après le décès. En fait, au début de la période de deuil, la famille apporterait davantage d’aide satisfaisante (Bahr & Harvey, 1980) tandis qu’après six mois, ce serait les amis et les voisins qui apporteraient une aide plus satisfaisante (Rosenman et al., 1981). Ce serait, selon Arling (1976), la disponibilité potentielle des amis plus que la fréquence des contacts qui serait important.

 

Perdre un être cher est difficile. Il est important de consulter afin d’être accompagné dans ce processus de deuil qui est souvent douloureux. D’autant plus que dans notre société où tout va trop vite, nos proches ne sont pas nécessairement disponibles pour le faire.

 

N’hésitez pas à me consulter!  819-699-0388

ou info@relationaide.net

 

 

Références :

Lavoie, F. (1983). Veuvage et solitude. Revue québécoise de psychologie, 4(1), 48-61.

https://oraprdnt.uqtr.uquebec.ca/pls/public/gscw045a.afficher_detail_form_reponse?owa_no_site=1935&owa_bottin=&owa_no_fiche=22&owa_no_form_reponse=36959&owa_apercu=N&owa_imprimable=N&owa_fenetre_surgissante=O&owa_no_champ_selectionne=&owa_no_choix_selectionne=&owa_mot_recherche=veuvage%20et%20solitude&owa_lettre=%&owa_no_page=1