La sexualité

Freud voyait la sexualité partout. Selon lui, à peu près tous les éléments dans un rêve avaient une connotation sexuelle. Dans son ouvrage «Sur le rêve», il prétend ceci: « … aucun autre groupe de pulsions n’a subi, du fait des exigences de l’éducation conduisant à la vie civilisée, une répression aussi importante que les pulsions sexuelles, mais aussi que, chez la plupart des individus, les pulsions sexuelles s’entendent le mieux à se soustraire à la domination des plus hautes instances psychiques. … nous comprenons de ce fait que les désirs sexuels infantiles refoulés fournissent les forces pulsionnelles les plus nombreuses et les plus puissantes qui concourent à la formation des rêves». De plus, il prétendait que les névroses et les psychoses provenaient de problèmes liés à la sexualité comme le mentionne cet extrait dans «Trois essais sur la théorie de la sexualité» : « … je n’entends pas seulement que l’énergie de la pulsion sexuelle constitue une partie des forces qui soutiennent les manifestations pathologiques, mais bien que cet apport est la source d’énergie la plus importante de la névrose et la seule qui soit constante. »

Peut-être exagérait-il, mais il reste qu’il y a une partie de vérité dans ses propos car, n’est-il pas vrai que la sexualité fait partie de l’être humain, et ce dès notre naissance, et qu’elle fait partie de notre quotidien tout au long de notre vie, qu’on en soit conscient ou pas?  Toutefois, notant et analysant mes rêves, il y a plusieurs éléments qui n’ont aucun lien avec la sexualité dans mes rêves, même si Freud prétendrait le contraire. Pour ce qui est de la pathologie, sûrement a-t-il raison en partie, mais, encore là, je pense qu’il faut élargir un peu nos avenues. Tout n’est pas relié à la sexualité, même si elle est une partie importante de notre développement et de notre évolution. Du moins, c’est mon avis.

Qu’adviendrait-il de nos comportements sexuels s’il n’y avait aucune contrainte, aucune normes dans notre société? Peut-être serions-nous comme des animaux? Là-dessus, je suis d’accord avec Freud quand il mentionne qu’on a refoulé ces pulsions pour pouvoir vivre dans une société civilisée. Je travaille avec des jeunes en difficulté et je vois l’impact sur eux du comportement de parents ou de gens autour d’eux qui n’ont pas su, justement, refouler leurs pulsions sexuelles. Ces jeunes ont beaucoup de conséquences psychologiques, au niveau de leurs relations personnelles, etc.

Je suis d’accord pour dire que c’est notre éducation, notre culture, nos valeurs, ce qu’on est comme personne qui déterminent la façon qu’on la vit. Sinon, ne sommes-nous pas tous constitués de la même façon? Mais comment savoir si la façon dont on la vie est celle qui nous représente vraiment, qui correspond à ce que nous sommes? Comment se libérer de cette éducation parfois paralysante, de ces contraintes culturelles, de ces préjugés par rapport aux rôles sexuels, etc.? Qu’est-ce qui est bien? Qu’est-ce qui est mal? Car il faut bien tenir compte de la moralité dans ce domaine puisque d’autres personnes sont impliquées, à moins bien sûr de pratiquer les jeux solitaires? Mais même encore là, quand j’y pense, c’est presque impossible que personne ne soit jamais impliqué. On est constamment en interaction avec les autres.

Je pense que malgré l’évolution de la vie sexuelle de nos jeunes, entres autres, il reste qu’il y a une partie qui restera toujours au niveau de la sexualité, c’est le désir de découvrir et de se découvrir, et ce, à travers l’expérience. L’être humain normalement constitué n’est pas fait pour être seul. Par contre, ce que je trouve triste et désolant, c’est de voir nos jeunes qui sont de plus en plus hyper sexualisés et qui minimisent leurs comportements sexuels. C’est rendu qu’une jeune fille de 11-12 ans trouve normale de faire une fellation aux copains de son petit ami juste parce que celui-ci lui a demandé. Je trouve qu’il y a un manque au niveau des valeurs, de l’éducation dans la société d’aujourd’hui. Je trouve que les jeunes, de plus en plus, manquent de respect pour eux-mêmes. Je me questionne vraiment à savoir où nos jeunes s’en vont à ce niveau.

Pour ma part, je trouve que vieillir est un épanouissement à tous les niveaux. Il est vrai qu’on se découvre tout au long de notre vie et plus on vieilli, meilleur c’est, car on se connaît mieux, on sait plus ce qu’on veut, etc.

Bref, la sexualité sera toujours un monde à découvrir dans toute sa complexité, car elle englobe tellement d’éléments. Comment peut-on rester indifférent face à la création et au développement d’un être vivant à partir d’un simple ovule et d’un spermatozoïde? C’est quand même incroyable. Qui n’a jamais aimé au moins une personne dans sa vie? Qui n’a jamais été attiré par le corps d’un autre ou intrigué par certaines parties de son propre corps? Quand on y pense, Freud avait peut-être raison après tout de prétendre que la sexualité est partout, étant donné l’étendue de celle-ci.

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